Voilà une très bonne question, parce que beaucoup de novices s’imaginent que c'est un homme ou une femme qui attribut un rôle à un artiste. Aux États-Unis c’est exact, mais pas en France ou beaucoup d'entre eux se prennent pour des chasseurs de têtes, et des décideurs de carrières, ayant comme infirmité "une prétention maladive". Dans notre hexagone, n'importe qui peut devenir directeur de castings du fait que cette profession n'est pas réglementée. C'est lui qui convoque les acteurs susceptibles de correspondre aux personnages recherchés pour les besoins d’un film, d’un téléfilm ou d’une publicité sans avoir le pouvoir de décision. La dénomination de « casting Director » est un qualificatif anglo-saxon pompeux, auquel devrait être substitué celui de « conseiller à la distribution ». Et encore, faudrait-il que tous ces intermédiaires soient expérimentés en la matière, alors que ce n'est pas immanquablement le cas.
Une petite poignée seulement est réputée, ce que ne veut pas dire qu’elle soit forcément compétente. En effet, il n’est pas inutile de rappeler que certains sont des acteurs d'avant-guerre au service du cinéma d'aujourd'hui, ou bien des chômeurs de longues durées qui se sont dit en se levant un beau matin : « pourquoi pas moi ? ». Ces derniers vivotent dans le métier, et la plupart d’entre eux font semblant d'exister. Souvent, ils organisent des auditions pour le compte de promoteurs de choucroutes, d'organisateurs de fêtes populaires en présence de Miss muguet, des courts métrages pour des petites entreprises en dépôt de bilan ou des photographes sur les rangs qui recherchent des sujets pour des catalogues de "sous vêtements". On croit rêver, mais cela fait parti des embûches de la profession. Il ne faut pas confondre le casting d'un vrai film avec "un attrape-nigaud ". Le directeur de casting est en fait un technicien qui fait office d'assistant au réalisateur, et son poste d'intermédiaire est relativement important puisqu'il a la possibilité d'écarter un acteur de la distribution en faisant tout simplement semblant de l'oublier. Sa tâche principale est de distinguer "les acteurs médiocres des moins mauvais en essayant de piocher les bons qui collent au scénario pour ensuite les orienter vers la production". Vous voyez que ce n'est pas si simple ! En revanche, il n'a pas autorité pour décider si tel ou tel acteur aura définitivement le rôle. J'aurais tendance à dire qu’il établit un écran, voire un barrage entre le réalisateur et l’artiste. Ainsi, le producteur ou le metteur en scène en quête d'interprètes risque d'avoir, sans vraiment s'en rendre compte, des difficultés pour découvrir de futures stars ayant recruté auparavant un zélé personnage qui sert de boite postale. Les plus professionnels arrivent quelquefois à organiser des contacts sérieux entre les artistes et les employeurs, et entretiennent aussi parfois des relations solides avec les acteurs. Généralement, les quelques directeurs de castings, dignes de ce nom, s'intéressent au déroulement des événements avant et pendant le tournage. Bien sûr, ceux-là sont peu nombreux et leur compétence est à l'honneur dans le générique des films dont ils ont assuré la distribution artistique. Certains petits acteurs sur la brèche, par trouille de disparaître à jamais, disent que c’est un honneur d'être appelé par ces professionnels, mais également une aubaine qui justifie une certaine reconnaissance. On ne choisi pas un acteur par reconnaissance, mais par intérêt, celui du film.
A Hollywood, Los Angeles ou New York, le casting Director est un grand "manitou" très attentif qui a pour mission de rechercher scrupuleusement un comédien dans le but de le faire engager . C'est, indiscutablement, un être doué qui inspecte l’artiste sur toutes ses coutures. Non seulement il recherche le personnage idéal pour une production spécifique, mais son devoir est également celui de trouver la perle rare, celle qui deviendra rapidement la révélation d’une série, ou l’héroïne d’une œuvre cinématographique. Si en France les stars échappent aux directeurs de casting, pas outre-Atlantique.
À partir de ce moment, c’est au cours d’une véritable réunion entre les producteurs, le metteur en scène et lui que se fera le choix final. Si par hasard il y avait la moindre hésitation entre deux ou trois artistes en compétition, la voix du casting director est généralement prépondérante. Les producteurs américains partent du principe que chacun doit assumer ses responsabilités. Notre 7 ème art devrait envisager cette possibilité.
Le directeur de castings, toujours outre-Atlantique, est une personne très habile avec un talent indiscutable dont personne ne doute. Ce sont souvent d’anciens comédiens ou réalisateurs de haut niveau, auxquels on attribue ces postes à responsabilités. Cela se passe différemment dans notre belle capitale, car le directeur de casting est comme qui dirait un avocat qui apporte quelques conseils à son client sans avoir le droit de plaider.
D’autre part, il y a de véritables arnaqueurs qui s’improvisent "directeurs de castings" dans l’intention de soutirer de l’argent aux artistes naïfs qui s’imaginent qu’il suffit de s’inscrire dans un fichier photographique, en payant, pour apparaître aussitôt que possible dans un film et sur une affiche.